Les personnes qui souffrent de dérèglements hormonaux comprennent généralement mieux l’impact des dérèglements de ce type sur l’humeur. Les femmes ont des changements hormonaux important à certains moments de leur cycle et ont inévitablement des sautes d’humeur, elles n’ont pas mauvais caractère. C’est ainsi. Certaines femmes ont des changements hormonaux plus importants que d’autres, elles ne sont pas «hystériques», pour autant.
Les femmes antillaises s’occupent de leurs cheveux, de leurs ongles, mais peu de culture…
Si les femmes antillaises s’occupent de leurs cheveux, c’est non seulement culturel. Même en Afrique les femmes sont très coquettes et concoctent des coiffures élaborées pendant des heures. C’est un aspect est sans doute d’origine africaine, mais pas uniquement. Les sociétés traditionnelles accordaient beaucoup de temps et de soins au corps, et dans les sociétés caraïbes également hommes et femmes passaient beaucoup de temps à se parer (y compris les hommes) de plumes colorées et de cordons de coton teints. Dénigrer cet aspect en le jugeant « futile » est non seulement un signe d’inculture mais un vision là encore très occidentalisée. Accorder du temps à son corps est symboliquement dire « j’ai de la valeur », « j’en prends soin ». Et vous ne vous trompez pas, puisque précisément vous êtes attirés par de telles femmes. Le soin accordé au corps a un impact sur le bien-être, et donc sur l’esprit. D’ailleurs une personne négligée fournit de l’information : je ne me soigne pas donc je ne m’accorde pas de valeur». Il est difficile de valoriser et d’être attiré par quelqu’un qui ne s’accorde pas de temps, de valeur. Et ce n’est pas parce qu’on accorde du temps à son corps que l’on manque de culture, puisque cet aspect est proprement culturel. Les cultures amérindiennes considèrent même les soins corporels et les bijoux comme un élément permettant de séparer le monde dit « sauvage » des communautés culturelles. Dénigrer le fait de s’occuper du corps contre l’esprit est proprement issu d’une pensée très occidentalisée. Pourquoi opposer le fait de s’occuper du corps et la fait de s’occuper de l’esprit. Beaucoup de peuples considèrent l’un et l’autre comme indissociables ; Il suffit d’avoir fait l’expérience d’une pratique du yoga pour se rendre compte que cultiver le corps est en relation directe avec l’esprit. Là encore c’est une vision très occidentalisée.
Par le yoga, on enseigne les voies par lesquelles l’esprit individuel (jivatma) peut être uni à l’Esprit universel (Paramatma). Corps et esprit forment un réseau en interconnexions constantes. La méditation est également une voie, mais le Yoga reste une magnifique « porte des étoiles » si j’ose l’expression. Opposer corps et Esprit est issu de la culture judéo-chrétienne où la femme sexuée est bannie, la femme idéale étant blanche, mère et vierge. Les relations sexuelles jugées source d’impureté. La femme-déesse dans la culture judéo-chrétienne est donc fatalement vierge, et mère par « l’opération du saint-esprit ». Tout ce qui relève du corps jugé « sale et diabolique ». D’où les stigmates de cette pensée sur la sexualité malheureusement trop souvent dénigrée dans nos sociétés. D’autre part opposer corps et culture est encore plus étonnant tant le corps et les pratiques liées au corps sont proprement culturelles. Les scarifications, les tatouages, les coutumes vestimentaires, coiffes, pratiques d’épilation etc… sont liées à des pratiques culturelles.
La culture est-elle le seul critère qui permet de déterminer la valeur d’un individu ?
La connaissance n’est qu’une partie étroite du développement de l’esprit et est insuffisante en soi, en tout cas pour ma part. Réduire un être dit intéressant au fait que l’on soit cultivé est malheureusement accorder de l’importance à un aspect qui réduit l’être à un être-au-monde-réceptacle-de-données-acquises, une sorte de «disque-cul-dur» plutôt qu’à une personne qui permet de vous accompagner dans une aventure humaine et spirituelle. C’est une vision que je trouve figée de la relation. Le type d’homme qui attend ce genre de femmes, est généralement ceux qui veulent se valoriser à travers l’autre, ce sont généralement ceux ont peur d’entrer en relation. La relation implique une aventure sur des plans autres que celui que l’avoir mais bien sur celui de l’être ; Et la connaissance relève de l’avoir et non de l’être. Avoir ou non de la culture. On peut être un homme cultivé sans savoir utiliser ses connaissances, sans que ces connaissances constituent un socle sur lequel on fait évoluer sa conscience. Ce sont des hommes qui utilisent les femmes belles, dites cultivées comme des « faire-valoir » et non comme de véritables compagnes.
Reprocher aux femmes de ne pas avoir de culture est fatalement réducteur. D’abord parce que plus on a de culture, plus on découvre l’étendue de son inculture. Une véritable personne cultivée n’avoue que pouvoir dessiner les contours de son inculture. D’autre part de quelle culture s’agit-il ? Dans quel domaine. Pour ma part je trouve très prétentieux de se juger « cultivé » sans précision. Dans quel domaine ? A quel propos ? Cette personne sera-t-elle capable de discuter avec moi sur l’être-et-le néant de Sartre, sans être de mauvaise foi ? A-t-il un fin vernis qui permet de garder la face ou une vraie connaissance en profondeur des fonctionnements, des rouages, du monde ? Cela relève de la discussion. Si je disqualifiais tous les hommes qui en sont incapables, dans mon tableau de chasse beaucoup de prétendants pourraient être éconduits. Devrais disqualifier celui qui serait incapable de parler intelligemment de civilisation mésopotamienne que j’affectionne particulièrement ou serais-je moi-même disqualifiée parce que j’ignore tout du jazz ? Parler de « la » culture me semble aussi ennuyeux que ces QCM de soi-disant «culture générale » où personne ne se retrouve. Les gens qui se jugent « cultivés » se débrouillent généralement d’ailleurs toujours pour faire tourner les conversations autour de ce
qu’ils savent, tout simplement et celui qui ne sait pas ce qu’ils savent est nécessairement nul- sans s’interroger sur la nature de la culture de l’autre, mais aussi eût-il fallu qu’ils s’y penchent, qu’ils entrent dans une vraie relation. Là on peut s’interroger sur la place que ces hommes font à la femme. Mais la rencontre n’est-elle pas en réalité un prétexte à la mauvaise opinion qu’ils entendent conserver coûte-que-coûte du sexe qu’ils estime imparfait ?, Auquel cas, les femmes rencontrées ne seront jamais à la hauteur, quoiqu’elles sachent, quoiqu’elles fassent, et d’ailleurs on peut supposer que le choix des femmes sélectionnées ne va jamais contredire leurs présupposés négatifs. Éconduire l’autre parfois est bien pratique pour que ce dernier ne parvienne jamais à entrevoir ses faiblesses et ses manques, cela préserve son intégrité. Cela peut être une stratégie de protection. Je cache mes imperfections en expliquant que j’ai laissé tomber l’autre à cause de ses manques (à elle) et non pas à cause de moi et mes agissements qu’elle commençait à entrevoir et à me demander d’avoir l’amabilité d’améliorer.
Être misogyne, est-ce affirmer sa virilité ?
En Martinique, être misogyne est un exercice habituel de nos hommes très « en vue ». Mais est-ce un signe de virilité ? Les hommes qui affichent ce genre de comportement ne sont-ils pas précisément ceux qui ont un compte à rendre avec leur propre mère ? Un conflit larvé non réglé ?. Les femmes ne seront jamais à la hauteur, car reconnaître qu’elles puissent l’être serait reconnaître que la mère qui a humilié ou qui a castré, a de la valeur. Le dénigrement préserve l’intégrité mentale et empêche la remise en question de sa propre personne. Trouver une femme très différente de maman, c’est rejeter la mère, quelque part.
Les échecs répétés doivent conduire nécessairement à une remise en question de soi, et pas à une stigmatisation de l’autre sexe.
Les femmes noires sont comme ça… Les femmes blanches sont comme ça…. « Dire les femmes noires sont ainsi » est proprement raciste ; Et le
racisme à l’envers n’est pas mieux. C’est du racisme tout court. Je ne pensais pas avoir à écrire là dessus. Je crois que depuis Lévi-Strauss on avait réglé la question de race et de culture.
Les femmes antillaises sont-elles pénibles ?
Beaucoup d’hommes antillais disent que les « femmes sont pénibles ». Les femmes ne sont pas pénibles , mais parfois exigeantes. Toute relation réclame un va-et-vient de l’un à l’autre qui oblige chacun à des remises-en question pour l’amélioration de la relation. Si on ne s’y livre pas, on détruit la relation. Fuir l’autre ce n’est pas construire une relation. Les femmes exigent parfois beaucoup, parce qu’elles donnent aussi beaucoup ; C’est une question d’équilibre.
Militer pour l’égalité a été un combat, pas encore gagné, militer pour la reconnaissance de la différence reste encore un combat qui reste à mener. Certains professeurs de sport expliquent par exemple que « les règles ne sont pas une maladie ». Certes, mais c’est un inconfort parfois très handicapant pour certaines jeunes filles qui souffrent de maux de ventre. Le reconnaître reste encore un combat, reconnaître aussi que notre état en SPM est « particulier » et que nous sommes plus nerveuses qu’à l’habitude, -et donc plus sujettes aux sautes d’humeur à cette période- est encore un combat. Les hommes ne sont donc pas plus « calmes » que les femmes, mais ils sont différents et incomparables (pas dignes d’être comparés). C’est aussi absurde de comparer un homme et une femme que de comparer un chat et un cochon.